Marisol, l'hôpital refuse de mourir !
Dans tout l’hexagone, infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, quel que soit leur statut (libéraux ou non) se rassemblent, manifestent, afin d’exprimer leur ras-le-bol sur leurs conditions de travail déplorables. Plus de mille professionnels de santé étaient à Paris.Le mouvement de grève du 8 novembre, de grande ampleur, dénonce les attaques sans précédent contre les personnels hospitaliers. Suicides, agressions, burn-out, sous-effectif, les impacts des différentes réformes du système de santé sont nombreux et il est temps de dire STOP ! Multiplions ce genre de mouvements, et défendons partout nos métiers !
POURQUOI LES INFIRMIERS MANIFESTENT
Le personnel hospitalier a été particulièrement secoué ces derniers temps par une vague de suicides et d’agressions, symptôme d’un profond mal-être et d’une pression sans commune mesure. Le vote de la Loi Santé et les diverses restructurations hospitalières ont eu un impact direct sur leurs conditions de travail et cela ne risque pas d’aller en s’arrangeant à la vue du prochain impératif budgétaire imposé par le gouvernement. En effet, c’est plus de 800 millions d’euros d’économies qui devront être réalisé en 2017, et, parallèlement, le regroupement de 850 établissements hospitalier en 135 GHT (groupement hospitalier). Selon le syndicat FO, c’est donc plus de 16 000 lits et 22 000 postes qui vont être supprimés l’année prochaine. Il y a près de 8 mois, nous nous demandions combien de temps avant la mort de l’Hôpital ? (lire l'article) Et bien si nous n’agissons pas, ce sera pour bientôt.
SUICIDES, BURN-OUT, AGRESSIONS
Rappelons-nous les trop nombreux suicides, rappelons-nous les effroyables agressions (parfois par tout un groupe ! https://goo.gl/XmUUWT)
Cette situation gravissime résulte d’une gestion apocalyptique du monde hospitalier et de notre système de santé en général. Une méthode basée sur les coûts. Mais est-ce la bonne méthode ? Face à une population vieillissante, donc qui nécessite plus de soins, le nombre de personnel soignant décroît. Est-ce tout bonnement logique ? Quand nous savons que l’Etat décide de ponctionner les cliniques réalisant des bénéfices, ou qu'il souhaite faire plus avec moins de personnels, cela ne peut pas fonctionner. La productivité à tout prix, sur la santé, est impensable. Quand nous savons qu’il existe une terrible surcharge sur les personnels soignants au sein des établissements de santé, due aux contraintes budgétaires bien trop présentes alors que la santé EST la santé, et de ce fait, ne doit pas être considérée qu’avec des chiffres comptables. Ne soyons pas donc surpris de la tournure des événements, de l’exode et du ras-le-bol de ces infirmiers, qui n’hésitent plus à démissionner de ces établissements pour s’installer ailleurs (arret d'exercer), et parfois, malheureusement, vont encore plus loin .. Mais qu’espèrent-ils au fond ? Il leur a été montré plus de signes voulant détruire leur métier, que de signes voulant les soutenir. La financiarisation de la santé engendre et continuera d’engendrer de terribles conséquences sur notre système de santé.
LA FRACTURE AVEC LES PATIENTS
Tout cela a un impact et un lien direct avec les patients. Ce manque de personnel et de matériel est rarement accepté par la population, et de ce fait, provoque une relation basée sur la colère, le stress, l’incompréhension. 2016 a donc été l’année des agressions. Il a été en effet constaté depuis quelques mois une forte poussée d'agressivité et d'incivilités au sein des hôpitaux, mais également dans les cabinets médicaux. Comment cela risque-t-il d’évoluer ? Les rapports vont-ils s’aggraver ? La question mérite d’être posée, à la vue des nouvelles contraintes budgétaires ainsi que des récentes mesures adoptées par le ministère de la Santé. Tiers-payant généralisé ayant pour risque de déresponsabiliser le patient (et donc d’aggraver son rapport avec le soignant), restructurations et groupement hospitalier, les attaques sont nombreuses et arrivent de toute part. Contre toutes les professions. Ce mouvement de protestation n’est pas sans rappeler celui du Black Friday l’année dernière. La seule chance de pouvoir sauver nos métiers est de s’unir, s’allier, frapper d’un front commun afin de crier que TROP, c’est TROP. Partagez cet article auprès de votre entourage, afin de soutenir le mouvement de protestation, et qu’ensuite, cette colère soit contagieuse envers les autres professions de santé. Car NOUS SOMMES TOUS TOUCHÉS ! SOUTIEN TOTAL AUX INFIRMIERS !