Lettre ouverte à la ministre des solidarités et de la santé

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Madame Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé,

 

La Médecine Libre, mutuelle vertueuse et militante, vous félicite pour votre nomination. Votre qualité de soignante et votre attachement aux patients nous semblent encourageantes pour une reprise du dialogue et une réorientation des politiques publiques dans l’intérêt des patients, à l’opposé de la financiarisation du soin à laquelle nous avons assisté durant ces dernières décennies. Espérons que vous aurez suffisamment de liberté pour faire des choix de bon sens, dans l’intérêt de tous.

En cette prise de fonction, nous aimerions vous interpeller sur des points qui nous semblent essentiels, à nous qui faisons de l’intérêt commun des soignants et des patients notre objectif suprême, en tentant de repositionner la complémentaire santé sur son objectif premier : solvabiliser des soins de qualité pour le plus grand nombre.

Tout d’abord, nous pensons qu’il est urgent d’abroger les contrats responsables. Ils brisent la mutualisation des cotisations et complexifient l’accès aux soins. En effet, ceux-ci ont plafonné les remboursements, abaissant de ce fait les garanties. Le prix des mutuelles n’a pour autant pas changé, ce qui a eu pour effet d’augmenter le reste à charge des patients. Reste à charge principalement dû aux compléments d’honoraires.

Ce qui nous permet d’aborder un autre point de tension : les mutuelles, à cause des contrats responsables, ne peuvent plus rembourser les compléments d’honoraires. Alors que c’est tout de même l’un des premiers buts de leur existence. Surtout que ces compléments d’honoraires sont une nécessité pour conserver une médecine de qualité. Ils permettent de pouvoir continuellement améliorer le matériel médical, les conditions d’exercice et d’accueil, donner du temps au soignant pour suivre des formations etc. Ne plus les rembourser ne les fera donc pas descendre puisqu’ils sont nécessaires pour les soignants. En revanche, cela ne fera qu’augmenter le reste à charge pour le patient et donc rendra plus difficile l’accès aux soins de qualité.

Ensuite, deux éléments s’opposent à l’indépendance des soignants, indépendance nécessaire pour une médecine de qualité et accessible à tous. En premier lieu le Tiers Payant Généralisé (TPG), qui introduit un acteur financier sans aucune compétence médicale dans la relation soignant – patient. Celui fait courir le risque d’une tentative de pression, d’influence sur le professionnel de santé qui ne sera plus payé directement par le patient, mais bien par un tiers. En outre, le TPG créée une véritable surcharge administrative pour le soignant, ce qui diminue son temps de soin.

En second lieu, les réseaux de soin. Ceux-ci imposent aux professionnels de santé un cahier des charges à respecter. Les soignants ne peuvent donc plus proposer librement les soins et les équipements qu’ils désirent. Cela influe sur la qualité des prestations, qui sont de plus en plus tirées vers le bas, comme dans l’optique par exemple. Pire encore, les réseaux de soin privent les patients de leur choix de praticien à cause des remboursements différenciés.

Ces deux éléments doivent, de notre point de vue, disparaître complètement pour être remplacés par des outils beaucoup plus éthiques et efficients. La carte avance santé par exemple permet d’éviter toute avance de frais par les patients et de payer immédiatement le praticien sans qu’il ait une surcharge administrative. Elle pourrait remplacer le TPG.

Pour rendre leur liberté aux soignants et aux patients, pour conserver l’excellence du système de soin français, nous espérons que vous serez à l’écoute des revendications et propositions qui vous seront faites. Chez La Médecine Libre nous avons beaucoup d’idées pour améliorer les choses, notamment au niveau des OCAM. Mais nous ne sommes pas les seuls et ce sont encore les professionnels de santé qui sont les plus à même de comprendre et améliorer leur milieu. Ecoutez les, écoutez-nous, car ce ne peut être que dans l’union et le respect que nous trouverons les solutions pour remettre à flot l’excellence de notre système.

 

En espérant que vous accepterez un dialogue compréhensif et respectueux,

Veuillez agréer, madame la ministre des solidarités et de la santé, nos salutations distinguées.

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