Le groupe VYV, un braquage à la française ?

Facebook 60 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 2 Mail

Le 13 septembre 2017, les complémentaires santé MGEN, Istya et Harmonie Mutuelle ont fusionné pour donner naissance au groupe VYV, devenu leader sur le marché de la mutuelle santé avec pas moins de 10 millions d’adhérents. Cet article va essayer de mettre en lumière les différents risques et menaces que ce groupe mutualiste représente en commençant par une présentation de celui-ci ainsi que ses dirigeants pour attaquer le vif du sujet par la suite. 

 

Présentation du groupe VYV

Le groupe VYV a vu le jour suite au regroupement des groupes de mutuelles MGEN, Istya et Harmonie Mutuelle en une UMG (Union Mutualiste de Groupe) le 13 septembre 2017. S’imposant comme le plus gros acteur du marché de la complémentaire santé, il est devenu LE mastodonte des mastodontes de l’assurance santé. Présidé par monsieur Thierry Beaudet, celui-ci explique cette fusion principalement pour renforcer leur capacité d’influence sur leur activité dont le cadre est de plus en plus administré et réglementé. La vocation parfaitement avouée de ce groupe est donc d’influer sur les règles du secteur pour qu’elles soient plus positives pour lui.

Mais ce n’est pas le seul objectif de cette structure. En effet, VYV a pour ambition d’améliorer les réponses des mutuelles aux adhérents en proposant de nouveaux services notamment dans le domaine du numérique. De plus, les dirigeants souhaitent pouvoir diriger les patients vers des professionnels de santé avec lesquels ils auront passé des accords en mettant en place des réseaux de soins et de services. Tout cela dans le but de devenir un acteur du progrès humain et social pour tous.

 

Présentation des dirigeants du groupe VYV

 

 

Les menaces que représente le groupe VYV

La première menace que pourrait représenter ce groupement de mutuelles est la volonté de renforcer ainsi que d’étendre les réseaux de soin déjà existant. Voir même d’en créer de nouveaux. Ceci représente une attaque directe à l’indépendance des professionnels de santé et donc à la qualité des soins prodigués. Comme dit dans le rapport de l’IGAS à ce sujet, les réseaux de soin sont des structures incompatibles avec le fonctionnement solidaire du système de santé français. Pourtant, monsieur Thierry Baudet ne se prive pas pour exprimer sa volonté de les développer, notamment pour les médecins généralistes.

La deuxième menace que représente le groupe VYV pèse sur les données de santé des adhérents. En effet, monsieur Thierry Baudet a souvent exprimé sa volonté de donner accès aux assurances et mutuelles à ces données privées pour que les complémentaires santé ne soient plus des « payeurs aveugles ». Aux USA, cette pratique est courante et a mené à de nombreuses dérives en permettant aux assureurs de moduler les tarifs de leurs contrats en fonction du risque présenté par l’adhérent. On peut donc se questionner sur le bien-fondé de cette demande récurrente. Surtout que les français risquent de grincer des dents. En effet, ceux-ci sont d’accord pour fournir ces données de santé à la recherche pour le bien commun. Mais aux assureurs ? C’est une autre histoire.

Enfin, la troisième menace directe que représente le groupe VYV porte sur la liberté de choix des patients. En effet, il semble que ce regroupement de mutuelle veut déplacer le point central du système de soin français (le patient) pour le positionner au niveau de la mutuelle en la mettant au centre de tout. Les adhérents passeraient par elle pour savoir qui consulter et les professionnels de santé se référeraient à elle pour savoir comment soigner. Cela n’augure rien de bon pour le patient comme pour le soignant. Le patient est et doit rester le point central du système de santé, organisé pour faciliter l’accès pour tous, à des soins de qualité !

 

Conclusion

Le groupe VYV représente un risque indéniable pour le système de santé français non pas parce qu’il représente 10 millions d’adhérents, mais parce que sa politique risque fortement d’éloigner du centre de ce système (et donc des priorités) le premier concerné : le patient. Et le poids qu’il représente en fera un interlocuteur de premier ordre pour la classe politique. Surtout que les membres du groupe VYV possèdent 4.1 milliards d’euros de réserves, investies partiellement dans la dette et l’économie française ; ce qui leur donne un véritable levier de pression.

Cela est d’autant plus inquiétant que les politiques mises en place par l’Etat vont dans le même sens. Il semblerait que tous partagent, depuis quelques années déjà, cette volonté de contrôle global sur la santé, notamment en délestant les professionnels de santé de leur indépendance d’exercice et de prescription. TPG, TPI, réseaux de soin, tout cela risque de mettre au pas des soignants et des patients dans l’intérêt de faire des économies pour combler le trou de la Sécurité sociale, ou de faire vivre de plus en plus grassement les OCAM. Et lorsqu’on ne voit plus les patients que comme des consommateurs qui coûtent cher, on perd de vue l’essentiel : c’est de la santé de chacun d’entre nous qu’il s’agit !

 

Militons ensemble pour un juste accès à des soins de qualité !

Facebook 60 Twitter 0 Google+ 0 Linkedin 2 Mail

Laisser un commentaire