Groupe VYV : le nouveau mastodonte des complémentaires santé

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Le 13 septembre 2017, les complémentaires santé MGEN, Istya et Harmonie Mutuelle ont fusionné pour donner naissance au groupe VYV, devenu leader sur le marché de la mutuelle santé avec pas moins de 10 millions d’adhérents. Nous allons voir dans cet article les évolutions que pourraient engendrer l’arrivée de ce mastodonte.

 

Présentation du groupe VYV

Le groupe VYV a vu le jour suite au regroupement des groupes de mutuelles MGEN, Istya et Harmonie Mutuelle en une UMG (Union Mutualiste de Groupe) le 13 septembre 2017. S’imposant comme le plus gros acteur du marché de la complémentaire santé, il est devenu LE mastodonte des mastodontes de l’assurance santé. Présidé par monsieur Thierry Beaudet, celui-ci explique cette fusion principalement pour renforcer leur capacité d’influence sur leur activité dont le cadre est de plus en plus administré et réglementé. La vocation parfaitement avouée de ce groupe est donc d’influer sur les règles du secteur pour qu’elles soient plus positives pour lui.

Mais ce n’est pas le seul objectif de cette structure. En effet, VYV a pour ambition d’améliorer les réponses des mutuelles aux adhérents en proposant de nouveaux services notamment dans le domaine du numérique. De plus, les dirigeants souhaitent pouvoir diriger les patients vers des professionnels de santé avec lesquels ils auront passé des accords en mettant en place des réseaux de soins et de services. Tout cela dans le but de devenir un acteur du progrès humain et social pour tous.

 

Présentation des dirigeants du groupe VYV

 

 

Le groupe VYV : un précurseur dans les évolutions du système de santé

Depuis quelques années déjà, les réseaux de soin s’étendent et sont soutenu par des structures économiquement très fortes. Le groupe VYV par exemple, en possède deux. Chez LML, nous considérons au contraire que ces réseaux de soin constituent une attaque directe à l’indépendance des professionnels de santé et donc à la qualité des soins prodigués. Comme dit dans le rapport de l’IGAS à ce sujet, les réseaux de soin sont des structures incompatibles avec le fonctionnement solidaire du système de santé français. Pourtant, monsieur Thierry Baudet ne se prive pas pour exprimer sa volonté de les développer, notamment pour les médecins généralistes.

De plus, cette concentration des OCAM soulève une nouvelle fois un débat houleux : l’accès aux données de santé des patients. En effet, monsieur Thierry Baudet a souvent exprimé sa volonté de donner accès aux assurances et mutuelles à ces données privées pour que les complémentaires santé ne soient plus des « payeurs aveugles ». Aux USA, cette pratique est courante et a mené à de nombreuses dérives en permettant aux assureurs de moduler les tarifs de leurs contrats en fonction du risque présenté par l’adhérent. On peut donc se questionner sur le bien-fondé de cette demande récurrente. Surtout que les français risquent de grincer des dents. Ceux-ci sont d’accord pour fournir ces données de santé à la recherche pour le bien commun. Mais aux assureurs ? C’est une autre histoire.

Enfin, il semblerait que ce regroupement de mutuelle veuille déplacer le point central du système de soin français (le patient) pour le positionner au niveau de la mutuelle en la mettant au centre de tout. Les adhérents passeraient par elle pour savoir qui consulter et les professionnels de santé se référeraient à elle pour savoir comment soigner. Cela n’augure rien de bon pour le patient comme pour le soignant. Le patient est et doit rester le point central du système de santé, organisé pour faciliter l’accès pour tous, à des soins de qualité !

 

Conclusion

Cette concentration des mutuelles de plus en plus prenant est, pour nous, un motif d’inquiétude. En effet, tout ce qui, pour nous, permet un accès à des soins de qualité se fait attaquer de toutes parts. L’indépendance des soignants, le juste coût des soins et le libre choix du praticien par le patient sont mis à mal de plus en plus par des outils pensés et créés par les OCAM. Comme les réseaux de soin par exemple. Et cette volonté de mettre la mutuelle au centre du système de santé français fait courir un risque immense de dérive vers un système anglo-saxon à deux vitesses. D’un coté ceux ayant la capacité financière de recourir à des soins de qualité et de l’autre, ceux devant se contenter du minimum. Et les patients ne sont pas les seuls concernés. En effet, même les soignants vont perdre l’autonomie dont ils ont besoin pour exercer leur métier.

Cela est d’autant plus inquiétant que les politiques mises en place par l’Etat vont dans le même sens. Il semblerait que tous partagent, depuis quelques années déjà, cette volonté de contrôle global sur la santé, notamment en délestant les professionnels de santé de leur indépendance d’exercice et de prescription. TPG, TPI, réseaux de soin, tout cela risque de mettre au pas les soignants et les patients dans l’intérêt de faire des économies pour combler le trou de la Sécurité sociale, ou de faire vivre de plus en plus grassement les OCAM. Et lorsqu’on ne voit plus les patients que comme des consommateurs qui coûtent cher, on perd de vue l’essentiel : c’est de la santé de chacun d’entre nous qu’il s’agit !

 

Militons ensemble pour un juste accès à des soins de qualité !

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