Des propositions inquiétantes du CAE pour la santé française

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Une note assez inquiétante du CAE vient de nous parvenir. Le CAE, pour rappel, est un organisme directement rattaché au service du Premier ministre et peut donc avoir une influence certaine sur les décisions gouvernementales. Cependant, au vu de la faible marge de manœuvre laissée par le Président Emmanuel Macron à Edouard Philippe, l’hypothétique influence de ce rapport sur la politique de l’Etat est encore à déterminer.

Mais ses recommandations ont tout de même de quoi inquiéter très fortement tous ceux qui militent pour un accès à des soins de qualité pour tous. En effet, l’objectif affiché est la réduction des dépenses en matière de santé. Une fois de plus, c’est la vision comptable qui prend le pas sur la vision médicale.

 

Les préconisations de la note : désengagement de la Sécurité sociale, franchise, contrats homogènes, le mélange Fillon/Macron

Comme toujours, les points d’attaque sont les frais de gestion des mutuelles trop élevés ainsi que les dépassements d’honoraires qui seraient un mal encouragé par les contrats de complémentaires santé. Revoir le périmètre public pour baisser les dépenses, voici le moyen proposé pour faire baisser les dépenses.

Tout d’abord, il est proposé une nouvelle délimitation entre public et privé par la mise en place d’une couverture de base qui consisterai en un panier de soins « solidaire » pris en charge par la Sécurité sociale à 100%, laissant aux mutuelles et assurances la prise en charge des soins « facultatifs ». L’objectif serait de réduire les frais de gestion en délimitant bien les terrains d’action.

A cela, il faut rajouter une franchise en fonction du revenu des patients. C’est-à-dire que l’Etat ne prendra en charge les soins des patients qu’une fois que la totalité de franchise a été payée. Pour bien comprendre la chose, voici un exemple : Monsieur Lambda gagne 1500€/mois. Sa franchise est de 200€/an. La Sécurité sociale ne prendra donc en charge ses dépenses de santé concernées par le panier qu’une fois que ses dépenses en santé n’auront dépassées les 200€/an.

Pour finir, cette étude préconise des contrats de complémentaires santé homogènes pour une soi-disant meilleure comparaison entre les différents assureurs.

 

Les conséquences de ces préconisations : Destruction de la Sécurité sociale et agrandissement des déserts médicaux

Que peut-on tirer de cette note alors ? Et bien une volonté de destruction totale de la santé en France. En effet, cette note prône un désengagement massif de la Sécurité sociale, ce qui donnera l’occasion aux OCAM de créer des réseaux de soin avec les soignants, y compris les médecins, permettant ainsi d’exercer des pressions sur les coûts ainsi que l’accès aux soins. Mais comment cela se fait-ce me direz vous ? Dès lors que la Sécurité sociale est engagée a plus de 55% dans les remboursements d’une branche médicale, alors il est impossible pour les OCAM de mettre en place des réseaux de soin. Un désengagement massif de la Sécurité sociale serait donc la porte ouverte à un contrôle par les assureurs des professionnels de santé. Assureurs qui auraient donc par ailleurs accès aux données de santé des patients.

La franchise proposée serait quant à elle la destruction de la Sécurité sociale. Qui voudrait encore cotiser pour ne pouvoir être remboursé qu’à partir d’un pourcentage de son salaire brut dépensé en santé ? L’idée même de solidarité nationale a été mise à mal dans cette étude qui ne met en avant que l’économie sans penser au reste. Responsabiliser le patient ? Parce que oui c’est de ça dont on parle. Cette franchise a pour but de « responsabiliser le patient ». Le cynisme est devenu un art lorsque l’on parle de santé.

Mais que se passerait-il si ces préconisations étaient mises en place ? Plus aucun professionnel de santé ne voudrait s’installer en libéral à cause des pressions astronomiques qui pèseraient sur eux, aggravant encore plus le phénomène de désert médical. L’accès aux soins deviendrait donc encore plus compliqué qu’aujourd’hui. Et ne parlons même pas de la qualité de ceux-ci. Les riches se soigneront dans le privé, les plus démunis ne se soigneront plus du tout et les OCAM se frotteront fièrement les mains puisque cette note répond avec exactitude aux demandes qu’ils font depuis près d’une dizaine d’année.

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