De l’importance de la prévention bucco-dentaire pour améliorer la santé des français

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La réflexion de LML avec la Cellule de Coordination des dentistes libéraux de l’Isère (CCDeLI38) s’affranchit du modèle actuel de prise en charge dentaire pour réfléchir à un cadre permettant d’abord d’assurer à tous une excellente santé dentaire, et, dans un deuxième temps, de limiter les restes-à-charge pour les patients. Comment ? En privilégiant la prévention et le maintien en bonne santé de la sphère bucco-dentaire, pour ainsi limiter l’occurrence des actes lourds et coûteux, et en améliorer la prise en charge économique.

Baisse du coût d’une prothèse dentaire, ou amélioration de la santé dentaire, telle est la question !

L’actualité de la filière dentaire est marquée par la confirmation de la reconnaissance légale des réseaux de soins dentaire et par les discussions sur un reste-à-charge Zéro (limité aux couronnes dentaires). Leur point commun : constater que la santé dentaire coûte cher et tenter d’en limiter le prix en ne s’interrogeant que sur l’aspect économique (sous l’angle du reste-à-charge) sans jamais se préoccuper de la qualité de ce qu’un patient reçoit en retour.

Le RAC0 sur les prothèses dentaires, c’est l’arbre qui cache la forêt

Inutile de rappeler l’importance de la sphère bucco-dentaire dans la santé en général. Avoir une bouche saine, c’est aussi limiter l’occurrence de maladies cardio-vasculaires, les infections chroniques respiratoires, le diabète et même les accouchements prématurés ou la maladie d’Alzheimer. A l’inverse, donc, le coût d’une mauvaise hygiène dentaire ne se mesure pas uniquement au coût des prothèses, et des implants dentaires, mais aussi à celui du traitement de ces maladies chroniques qui handicapent la vie des patients, et la survie de notre système de financement des soins – ces maladies étant essentiellement à la charge de la Sécurité sociale.

Il ne faut donc pas limiter la réflexion au remboursement des prothèses dentaires. La vraie question est : comment assurer à tous les français la meilleure santé dentaire possible.

 

Un système de financement mal pensé – un contrat perdant-perdant

La santé dentaire coûte cher. L’augmentation de ses sources de financement n’étant pas dans l’air du temps, la Sécurité sociale est fortement orientée vers une baisse des dépenses (à court terme) afin d’assurer un retour à l’équilibre budgétaire. Elle s’est donc progressivement désengagée de pans entiers de la prise en charge bucco-dentaire (implantologie, parodontologie) et a bloqué les revalorisations tarifaires de l’ensemble des actes, y compris conservateurs, nécessaires pour prévenir les dommages. Ce phénomène est en place depuis des dizaines d’années.

La situation est telle qu’aujourd’hui, pour assurer la survie de son cabinet, un dentiste a « intérêt » à avoir des patients en mauvaise santé, à qui faire des couronnes et des implants, car la seule pratique d’actes à honoraires fixés par la Sécurité sociale (comme les détartrages par exemple) ne lui permettrait pas de faire face au coût des équipements de pointe exigés par une dentisterie moderne.  Ce système de prise en charge est donc structurellement inflationniste, et le premier perdant est le patient. Le second, le soignant qui ne peut pratiquer son métier dans les règles de l’art. Et finalement la Sécurité sociale, qui rembourse certes peu le dentaire, mais à 100% les affections chroniques.

Les parties prenantes, semblent s’être rendu compte de cette situation perdant-perdant. Par exemple, dans le cadre de la négociation conventionnelle entre syndicats de dentistes et Sécurité sociale, le principe d’une limitation des coûts des prothèses dentaires contre une revalorisation des soins conservateurs a été acté. Cependant, les avancées sont tellement timides que la négociation n’a pu aboutir. Les organisations de patients, elles, ne semblent pas prendre la mesure du problème et plébiscitent un reste-à-charge zéro sur les prothèses, de la même façon qu’elles plébiscitent les réseaux de soins. Une baisse de reste-à-charge sur un poste est nécessairement une victoire sur laquelle il est facile de communiquer.

Les organismes de complémentaires santé (OCAM), de leur côté, ne voient pas forcément l’intérêt de financer la prévention (coût immédiat), pour faire des économies à moyen ou long terme. Car le jeu concurrentiel et le manque de fidélité des adhérents à leur mutuelle pourraient leur faire supporter le coût de la prévention, sans en percevoir les bénéfices.

 

Les soignants militent pour la qualité des soins : la santé d’abord !

La Prévention, tout le monde en parle, LML la finance

Partageant ce constat, la CCDeLI 38 et La Médecine Libre ont entamé une réflexion de fond, visant à replacer la prévention dentaire au centre du système de soin, avec pour objectif de maintenir les patients en bonne santé le plus longtemps possible. Objectif : 20 (vraies) dents à 80 ans !

 

Nos postulats :

  • Seule la prévention est à même d’assurer le maintien en bonne santé bucco-dentaire des patients
  • La prévention la plus efficace est celle pensée et mise en place au plus près des besoins particuliers de chaque patient : son soignant
  • La prévention dentaire est un enjeu de santé publique qui permettra à terme de faire baisser les coûts de la santé, pour le plus grand bénéfice des patients et de la Sécurité sociale, et par ricochet, des OCAM.

C’est ainsi que le 2 février 2018, lors de l’AG du CCDeLI38, nous avons annoncé le début d’un partenariat visant :

  • A définir le contenu d’une consultation de prévention bucco-dentaire débouchant, le cas échéant, sur un programme de prévention dentaire adapté au cas spécifique de chaque patient ;
  • A étudier et réunir les conditions nécessaires à la prise en charge par la mutuelle de cette consultation de prévention, avec ou sans participation de la Sécurité sociale ;
  • A étudier dans quelle mesure un adhérent ayant suivi son protocole de prévention bucco-dentaire mais nécessitant des traitements curatifs, pourrait voir ses remboursements de mutuelle bonifiés en vue de limiter, voire de supprimer tout reste-à-charge.

Si vous souhaitez vous aussi participer à cette réflexion autour de la prévention dentaire, parlez-en à votre CCDeLI, commentez et partagez !

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